Cette automatisation ne signifie pas pour autant que les recruteurs souhaitent disparaître du processus. 73 % considèrent que l’IA peut leur faire gagner du temps pour se concentrer sur l’échange humain et 66 % pensent qu’elle renforce leur rôle stratégique en les aidant à prendre des décisions plus éclairées. Le sondage dessine ainsi une possible évolution du métier : moins de temps consacré à certaines tâches préparatoires ou de traitement, davantage de valeur accordée à l’interaction et au jugement humain.
- L’IA pourrait redistribuer les missions des recruteurs
- Préparer un recrutement : le premier domaine où l’IA est attendue
- Le traitement des candidatures constitue le deuxième grand usage
- Les recruteurs sont plus prudents lorsqu’il s’agit de l’entretien
- La décision finale reste moins facilement déléguée
- L’IA peut-elle rendre le métier de recruteur plus humain ?
- Deux tiers des répondants anticipent un rôle plus stratégique
- Les candidatures générées par IA changent aussi le travail d’évaluation
- Les recruteurs déjà utilisateurs de l’IA se distinguent nettement
- Une adoption qui varie selon les entreprises
- L’IA pourra-t-elle un jour mieux recruter qu’un humain ?
- Méthodologie et limites de l’étude
- Quel métier de recruteur se dessine avec l’intelligence artificielle ?
L’IA pourrait redistribuer les missions des recruteurs
Le Sondage OpinionWay pour Tellent ne décrit pas seulement l’opinion des recruteurs à propos de l’intelligence artificielle. Ses résultats permettent aussi d’observer les étapes de leur métier qu’ils imaginent confier en priorité à ces technologies.
Une hiérarchie apparaît clairement. La préparation du recrutement et le traitement des candidatures arrivent devant la conduite des entretiens et l’aide à la décision finale.
Les salariés-recruteurs interrogés attendent principalement l’intelligence artificielle sur la préparation du recrutement, citée par 56 %, et le traitement des candidatures reçues, à 50 %. La conduite des entretiens est citée par 36 % et l’aide à la décision finale par 32 %. Les répondants pouvaient sélectionner jusqu’à deux domaines.
Cette hiérarchie suggère que les tâches situées en amont du processus constituent aujourd’hui le principal terrain d’application envisagé pour l’IA par les répondants.
Préparer un recrutement : le premier domaine où l’IA est attendue
56 % des salariés-recruteurs citent la préparation du recrutement parmi les aspects sur lesquels l’intelligence artificielle pourrait les soulager et améliorer la qualité de leurs recrutements.
Dans son questionnaire, OpinionWay associe notamment cette étape à l’aide à la rédaction d’offres attractives, à l’identification des compétences clés et à l’appui au sourcing ciblé.
La préparation du recrutement arrive en tête chez les hommes comme chez les femmes, avec respectivement 55 % et 56 %. Elle est citée par 57 % des moins de 35 ans, 52 % des 35-49 ans et 61 % des 50 ans et plus.
56 % des salariés-recruteurs pensent que l’IA pourrait prioritairement les soulager dans la préparation d’un recrutement, par exemple pour aider à rédiger une offre, identifier les compétences importantes ou soutenir le sourcing. C’est le domaine le plus fréquemment cité dans le Sondage OpinionWay pour Tellent.
Cette attente n’est d’ailleurs pas limitée aux personnes déjà utilisatrices. La préparation est citée par 52 % de celles qui utilisent l’IA, 56 % de celles qui prévoient de le faire et 61 % de celles qui ne l’utilisent pas et ne prévoient pas de l’adopter.
Le traitement des candidatures constitue le deuxième grand usage
Après la préparation, l’autre grand domaine d’application concerne la gestion des candidatures déjà reçues.
50 % des répondants citent le traitement des candidatures parmi les deux domaines où l’IA pourrait prioritairement les soulager.
Le questionnaire évoque ici plusieurs tâches : centralisation des candidatures, premier tri, filtres par profil ou encore gestion de l’historique.
50 % des salariés-recruteurs citent le traitement des candidatures parmi les usages prioritaires de l’intelligence artificielle. Cette étape recouvre notamment la centralisation des dossiers, le premier tri, l’utilisation de filtres par profil et la gestion de l’historique des candidatures.
Le résultat atteint 56 % dans l’industrie et le BTP, 49 % dans le commerce et THR et 47 % dans les services.
La proportion varie en revanche assez peu avec la taille de l’entreprise : 52 % dans les structures de 20 à 249 salariés, 52 % dans celles de 250 à 999 salariés et 48 % dans les entreprises de 1 000 salariés ou plus.
Les recruteurs sont plus prudents lorsqu’il s’agit de l’entretien
Le niveau d’intérêt diminue lorsque l’intelligence artificielle se rapproche de l’interaction directe avec le candidat.
36 % des salariés-recruteurs citent la conduite des entretiens parmi les domaines où l’IA pourrait les soulager. Le questionnaire évoque notamment la préparation des questions, la prise de notes automatisée et l’aide à la synthèse des échanges.
Ce résultat est inférieur de 20 points à celui enregistré pour la préparation du recrutement.
36 % des salariés-recruteurs citent la conduite des entretiens parmi les domaines prioritaires d’utilisation de l’IA, contre 56 % pour la préparation du recrutement et 50 % pour le traitement des candidatures. Les usages proposés pendant l’entretien concernent notamment les questions, la prise de notes et la synthèse des échanges.
Les hommes citent davantage cet usage que les femmes, à 41 % contre 27 %. Le résultat atteint aussi 41 % dans l’industrie et le BTP, contre 27 % dans le commerce et THR et 38 % dans les services.
La décision finale reste moins facilement déléguée
L’aide à la décision finale est le domaine le moins cité parmi les quatre étapes proposées dans l’enquête.
32 % des répondants envisagent prioritairement l’IA pour comparer de manière structurée les profils, les mettre en regard avec les critères du poste ou synthétiser leurs points forts et leurs points de vigilance.
| Étape | Part des salariés-recruteurs |
|---|---|
| Préparation du recrutement | 56 % |
| Traitement des candidatures reçues | 50 % |
| Conduite des entretiens | 36 % |
| Aide à la décision finale | 32 % |
Les répondants pouvaient donner jusqu’à deux réponses à cette question. Ces pourcentages ne correspondent donc pas à une répartition exclusive des salariés-recruteurs entre quatre catégories.
Un résultat se distingue cependant nettement : 48 % des recruteurs qui utilisent déjà l’IA citent l’aide à la décision finale, contre 30 % de ceux qui prévoient de l’utiliser et 20 % de ceux qui ne prévoient pas de le faire.
L’IA peut-elle rendre le métier de recruteur plus humain ?
L’idée peut sembler paradoxale : automatiser davantage pour consacrer plus de temps à l’humain. Elle recueille pourtant une adhésion majoritaire dans l’étude.
73 % des salariés-recruteurs sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle l’IA leur permet de gagner du temps pour se concentrer sur l’échange humain.
20 % sont tout à fait d’accord et 53 % plutôt d’accord. À l’inverse, 26 % ne partagent pas cette opinion et 1 % ne se prononce pas.
73 % des salariés-recruteurs interrogés considèrent que l’intelligence artificielle leur permet de gagner du temps pour se concentrer sur l’échange humain. L’automatisation est donc perçue par une majorité comme un moyen potentiel de déplacer le temps de travail vers la relation avec les candidats plutôt que comme une simple suppression de l’intervention humaine.
Le résultat varie toutefois fortement selon l’expérience de l’IA. Il atteint 89 % parmi les salariés-recruteurs qui l’utilisent déjà et 88 % parmi ceux qui prévoient de l’adopter, contre 46 % chez ceux qui ne l’utilisent pas et n’envisagent pas de le faire.
Deux tiers des répondants anticipent un rôle plus stratégique
La transformation envisagée ne porte pas uniquement sur le temps consacré aux différentes tâches. Elle concerne aussi la place du recruteur dans la décision.
66 % des répondants pensent que l’IA renforce leur rôle stratégique en leur permettant de prendre des décisions plus éclairées.
13 % sont tout à fait d’accord et 53 % plutôt d’accord avec cette affirmation.
66 % des salariés-recruteurs considèrent que l’intelligence artificielle renforce leur rôle stratégique en leur permettant de prendre des décisions plus éclairées. L’adhésion est particulièrement élevée parmi ceux qui utilisent déjà l’IA dans leurs recrutements : 91 % partagent cette opinion.
Des différences apparaissent selon le profil des répondants. Cette opinion est partagée par 72 % des hommes contre 55 % des femmes. Elle atteint 71 % chez les moins de 35 ans, 66 % chez les 35-49 ans et 51 % chez les 50 ans et plus.
Elle est également plus fréquente dans les entreprises de 1 000 salariés ou plus, à 71 %, que dans celles de 250 à 999 salariés, à 54 %.
Les candidatures générées par IA changent aussi le travail d’évaluation
L’évolution du métier de recruteur ne vient pas uniquement des outils qu’il utilise lui-même. Elle découle aussi de l’usage de l’intelligence artificielle par les candidats.
82 % des salariés-recruteurs estiment que l’IA tend à standardiser les profils et rend les candidats plus difficiles à différencier.
Dans le même temps, 73 % pensent que l’utilisation de l’IA par les candidats fausse le processus de recrutement.
Pour 82 % des salariés-recruteurs, l’IA tend à standardiser les profils et à rendre les candidats plus difficiles à différencier. 73 % estiment également que son utilisation par les candidats fausse le processus de recrutement. Le défi du recruteur ne consiste donc plus seulement à traiter les candidatures, mais aussi à déterminer ce qu’elles permettent réellement d’apprendre sur la personne qui postule.
Lorsqu’ils doivent identifier leur préoccupation principale face à l’automatisation des candidatures, 27 % citent la perte d’authenticité dans les échanges, 26 % le risque de passer à côté de profils intéressants face au volume croissant de candidatures, 25 % la difficulté à identifier les compétences véritables et 22 % la similitude croissante des candidatures.
Les recruteurs déjà utilisateurs de l’IA se distinguent nettement
Le rapport permet de comparer les salariés-recruteurs selon leur rapport actuel à l’intelligence artificielle : ceux qui l’utilisent, ceux qui ne l’utilisent pas encore mais prévoient de le faire et ceux qui n’envisagent pas son adoption.
Ces groupes présentent des perceptions très différentes.
| Affirmation | Utilisent déjà l’IA | N’utilisent pas l’IA et ne prévoient pas de le faire |
|---|---|---|
| L’IA fait gagner du temps pour l’échange humain | 89 % | 46 % |
| L’IA renforce le rôle stratégique du recruteur | 91 % | 38 % |
| L’IA pourrait prendre de meilleures décisions de recrutement | 79 % | 32 % |
| L’IA standardise les profils | 94 % | 74 % |
| L’entretien devient le seul moment pour réellement évaluer un candidat | 97 % | 60 % |
Les salariés-recruteurs qui utilisent déjà l’intelligence artificielle expriment des opinions particulièrement marquées : 91 % pensent qu’elle renforce leur rôle stratégique et 89 % qu’elle leur permet de consacrer davantage de temps à l’échange humain. Mais 94 % considèrent aussi qu’elle standardise les profils et 97 % réaffirment l’importance de l’entretien pour réellement évaluer les candidats.
Ces résultats ne permettent pas d’établir un lien de causalité. L’enquête montre une différence entre groupes, mais ne démontre pas que l’usage de l’IA est à l’origine de ces opinions.
Une adoption qui varie selon les entreprises
Globalement, 69 % des salariés-recruteurs considèrent qu’une IA intégrée aux outils de recrutement est utile voire indispensable face à la généralisation des candidatures automatisées.
Mais derrière ce résultat global apparaissent des différences selon le secteur et la taille de l’entreprise.
| Profil de l’entreprise | Résultat |
|---|---|
| Industrie et BTP | 62 % |
| Commerce et THR | 70 % |
| Services | 74 % |
| 20 à 249 salariés | 71 % |
| 250 à 999 salariés | 56 % |
| 1 000 salariés et plus | 71 % |
Le secteur des services affiche ainsi le niveau d’adhésion le plus élevé, à 74 %, contre 62 % dans l’industrie et le BTP.
Les entreprises de 250 à 999 salariés se distinguent également par une perception plus réservée : 56 % y considèrent l’IA utile voire indispensable, contre 71 % dans les deux autres catégories de taille étudiées.
Au total, 69 % des salariés-recruteurs jugent une IA intégrée aux outils de recrutement utile voire indispensable. Cette proportion atteint 74 % dans les services mais 62 % dans l’industrie et le BTP. Elle est de 71 % dans les entreprises de 20 à 249 salariés et celles de 1 000 salariés ou plus, contre 56 % dans les structures de 250 à 999 salariés.
L’IA pourra-t-elle un jour mieux recruter qu’un humain ?
C’est l’affirmation la plus prospective de l’étude et aussi celle qui divise le plus les salariés-recruteurs.
56 % pensent que l’intelligence artificielle pourrait, à terme, prendre de meilleures décisions de recrutement que les recruteurs. Parmi eux, 13 % sont tout à fait d’accord et 43 % plutôt d’accord.
À l’inverse, 44 % ne partagent pas cette opinion, dont 30 % qui sont plutôt pas d’accord et 14 % pas du tout d’accord.
56 % des salariés-recruteurs pensent que l’IA pourrait à terme prendre de meilleures décisions de recrutement que les recruteurs humains. Le résultat atteint 79 % parmi ceux qui utilisent déjà l’intelligence artificielle dans leurs recrutements, contre 32 % parmi ceux qui ne l’utilisent pas et ne prévoient pas de le faire.
Cette opinion est également liée à l’âge dans les résultats descriptifs : 62 % des moins de 35 ans l’envisagent, contre 55 % des 35-49 ans et 32 % des 50 ans et plus.
Il ne faut toutefois pas interpréter ce chiffre comme la démonstration que l’intelligence artificielle prend effectivement de meilleures décisions. Le sondage mesure l’opinion des recruteurs sur une possibilité future, et non les performances comparées d’une IA et d’un recruteur humain.
Méthodologie et limites de l’étude
Le Sondage OpinionWay pour Tellent a été réalisé auprès d’un échantillon de 557 salariés « recruteurs ». L’étude définit ces répondants comme des salariés qui encadrent au moins une personne et participent au processus de recrutement dans leur entreprise.
L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, en tenant compte du sexe, de l’âge, de la catégorie socioprofessionnelle, du secteur d’activité et de la taille d’entreprise.
Les répondants ont été interrogés par questionnaire auto-administré en ligne selon le système CAWI. Les interviews ont été réalisées du 5 au 15 mai 2026.
OpinionWay indique avoir appliqué les procédures et règles de la norme ISO 20252.
Le Sondage OpinionWay pour Tellent repose sur 557 salariés encadrant au moins une personne et participant au processus de recrutement de leur entreprise. Ils ont été interrogés en ligne du 5 au 15 mai 2026. OpinionWay précise que les résultats doivent être lus en tenant compte de marges d’incertitude de 1,9 à 4,4 points au plus pour un échantillon de 500 répondants.
Cette définition constitue une précision importante : l’échantillon ne correspond pas nécessairement uniquement à des professionnels dont le métier principal est recruteur ou responsable des ressources humaines.
L’enquête est également déclarative. Elle mesure ce que les salariés-recruteurs pensent des usages et des conséquences de l’IA, et non les performances objectives des technologies utilisées dans le recrutement.
Quel métier de recruteur se dessine avec l’intelligence artificielle ?
Pris dans leur ensemble, les résultats dessinent moins une disparition du métier de recruteur qu’une possible redistribution de ses missions.
Les tâches pour lesquelles l’IA est le plus souvent citée se situent en amont : 56 % pour la préparation du recrutement et 50 % pour le traitement des candidatures. La conduite des entretiens, à 36 %, et l’aide à la décision finale, à 32 %, sont moins souvent sélectionnées parmi les domaines prioritaires.
L’étude publiée en juin 2026 suggère que les salariés-recruteurs envisagent surtout l’IA comme un outil susceptible de modifier la répartition de leur travail. 56 % la citent pour la préparation des recrutements et 50 % pour le traitement des candidatures. Parallèlement, 73 % pensent qu’elle leur permet de gagner du temps pour se concentrer sur l’échange humain et 66 % qu’elle renforce leur rôle stratégique. L’humain reste néanmoins déterminant dans leur perception : 79 % considèrent que l’entretien devient le seul moment où il est encore possible d’évaluer réellement un candidat.
Cette évolution pourrait donc déplacer une partie de la valeur du recruteur. Lorsque la rédaction, le tri, la préparation ou la synthèse peuvent être assistés par des outils automatisés, la capacité à interpréter, dialoguer, différencier les profils et exercer un jugement devient d’autant plus visible.
Le Sondage OpinionWay pour Tellent ne permet pas de prédire jusqu’où cette évolution ira. Il montre cependant qu’en mai 2026, une majorité des salariés-recruteurs interrogés ne considère déjà plus l’intelligence artificielle uniquement comme une menace pour leur fonction : ils y voient aussi un outil susceptible de faire évoluer la manière dont ils exercent leur rôle.