L’intelligence artificielle est déjà devenue un critère important dans la façon dont les étudiants français envisagent leur entrée sur le marché du travail. Selon le Sondage OpinionWay pour Chance publié en mai 2026, 67 % des étudiants de 18 à 24 ans interrogés considèrent la maîtrise de l’IA comme un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur. Pourtant, seuls 48 % estiment être concrètement formés à ces outils par leur établissement. Entre pression concurrentielle, nouvelles compétences et inquiétudes sur l’avenir des métiers, l’étude révèle une génération consciente des transformations en cours, mais pas toujours convaincue d’être suffisamment préparée.

L’IA change déjà la manière dont les étudiants envisagent leur carrière

L’étude « Les étudiants, le marché du travail et l’Intelligence Artificielle », réalisée par OpinionWay pour Chance, s’intéresse à la façon dont les étudiants français anticipent l’arrivée de l’IA dans leur vie professionnelle.

Les résultats montrent que cette technologie est déjà intégrée à leurs projections de carrière. Les étudiants lui associent à la fois davantage de concurrence, de nouvelles exigences en matière de compétences et des possibilités pour accélérer leur recherche d’emploi.

En résumé : 77 % des étudiants interrogés pensent que l’IA va renforcer la compétition entre jeunes diplômés, 67 % considèrent sa maîtrise comme indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur, 61 % sont inquiets pour leur avenir professionnel et 63 % pensent malgré tout que l’IA peut les aider à trouver un emploi plus rapidement.

Cette combinaison de réponses montre que les étudiants ne raisonnent pas simplement en termes de menace ou d’opportunité. Ils semblent plutôt envisager l’intelligence artificielle comme une transformation durable du fonctionnement du marché du travail.

La concurrence entre jeunes diplômés devient la première préoccupation

Parmi les différents effets de l’intelligence artificielle proposés aux répondants, la hausse de la concurrence sur le marché du travail obtient le niveau d’adhésion le plus élevé.

77 % des étudiants français de 18 à 24 ans interrogés pensent que l’IA va rendre le marché du travail plus compétitif pour les jeunes diplômés. La proportion se décompose en 32 % de réponses « oui, tout à fait » et 45 % de réponses « oui, plutôt ».

77 % : c’est la part des étudiants qui anticipent un marché du travail plus compétitif pour les jeunes diplômés sous l’effet de l’intelligence artificielle.

Cette perception traverse largement les différentes catégories étudiées. Elle concerne 76 % des hommes et 78 % des femmes. Chez les 18-19 ans, la proportion atteint 79 %, contre 75 % chez les 20-24 ans.

Le type de cursus modifie peu le résultat : 76 % des étudiants à l’université et 79 % de ceux suivant un autre cursus anticipent une concurrence accrue.

Une précision est toutefois nécessaire : le sondage n’interroge pas directement de jeunes diplômés. Les répondants sont des étudiants de 18 à 24 ans auxquels OpinionWay demande comment ils imaginent le marché du travail auquel seront confrontés les jeunes diplômés.

Une inquiétude réelle, mais pas un rejet de l’intelligence artificielle

La perspective d’une transformation rapide des métiers nourrit une inquiétude importante. 61 % des étudiants interrogés déclarent que l’arrivée de l’intelligence artificielle les inquiète pour leur futur professionnel.

Dans le détail, 26 % se disent « tout à fait » inquiets et 35 % « plutôt » inquiets. À l’inverse, 38 % ne se déclarent pas inquiets et 1 % ne se prononce pas.

L’inquiétude est majoritaire : 61 % des étudiants se disent préoccupés pour leur avenir professionnel. Cette proportion monte à 64 % chez les 20-24 ans, contre 59 % chez les 18-19 ans.

La crainte porte également sur l’avenir même des métiers : 50 % des répondants redoutent que l’intelligence artificielle remplace le métier auquel ils se destinent. Les étudiants sont quasiment divisés en deux sur ce point puisque 49 % ne partagent pas cette crainte.

Par ailleurs, 59 % pensent que l’IA rend plus difficile le fait de trouver un emploi aujourd’hui.

Ces résultats ne signifient pourtant pas que les étudiants rejettent l’intelligence artificielle. Une majorité de 63 % estime qu’elle peut au contraire les aider à trouver un emploi plus rapidement.

Le rapport fait donc apparaître une perception particulièrement nuancée : l’intelligence artificielle peut compliquer l’accès au marché du travail tout en devenant un outil pour mieux s’y insérer.

Les compétences en IA prennent une place centrale dans l’employabilité

Pour les étudiants interrogés, l’adaptation au nouveau marché du travail passe notamment par la maîtrise des outils d’intelligence artificielle.

67 % considèrent que maîtriser l’IA constitue un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur d’activité. Ce résultat comprend 29 % de réponses « oui, tout à fait » et 38 % de réponses « oui, plutôt ».

67 % des étudiants considèrent désormais la maîtrise de l’intelligence artificielle comme un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur.

Cette opinion est plus répandue parmi les hommes, à 72 %, que parmi les femmes, à 62 %. Elle atteint également 72 % chez les étudiants en Bac+3 ou plus, contre 65 % chez les Bac+1 ou Bac+2.

Le sondage mesure ici une perception des étudiants. Il ne signifie pas que deux employeurs sur trois exigent effectivement des compétences en intelligence artificielle dans leurs recrutements.

Il montre en revanche que les étudiants attribuent déjà une valeur professionnelle importante à la maîtrise de ces outils. Dans leur représentation du marché du travail, l’IA devient à la fois une transformation à laquelle s’adapter et une compétence permettant de se différencier.

L’enseignement supérieur face au défi de la préparation à l’IA

La deuxième partie de l’enquête s’intéresse directement au rôle des écoles et des universités. Les étudiants évaluent leur établissement sur plusieurs dimensions : information sur les conséquences de l’IA, compréhension des compétences qui évoluent, adaptation des formations et apprentissage concret des outils.

Sur l’information générale, le bilan est plutôt positif. 60 % des étudiants estiment que leur établissement les informe suffisamment sur l’impact de l’intelligence artificielle dans leur futur métier.

Un peu plus de la moitié, 53 %, considère également être aidée à comprendre quelles compétences de son futur métier évoluent avec l’IA.

Mais cette appréciation est contrebalancée par deux résultats nettement plus critiques : 57 % considèrent leur établissement en retard sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle et 58 % estiment que les formations proposées ne sont pas adaptées aux réalités actuelles du marché du travail avec l’IA.

Le paradoxe des établissements : 60 % des étudiants se disent suffisamment informés sur l’impact de l’IA dans leur futur métier, mais 58 % jugent dans le même temps les formations proposées insuffisamment adaptées aux nouvelles réalités du marché du travail.

Ces données montrent qu’un étudiant peut considérer son établissement comme capable de l’informer sur l’intelligence artificielle sans pour autant estimer que la formation reçue répond pleinement aux transformations professionnelles en cours.

La pratique des outils reste le maillon faible de la formation

C’est lorsque la question porte précisément sur l’apprentissage des outils que le résultat devient minoritaire.

48 % des étudiants interrogés estiment que leur établissement les forme concrètement à l’usage des outils d’intelligence artificielle dans leur futur métier. À l’inverse, 51 % ne partagent pas ce constat et 1 % ne se prononce pas.

Dans le détail, 16 % sont « tout à fait d’accord » avec l’idée d’être concrètement formés et 32 % « plutôt d’accord ». À l’opposé, 33 % sont « plutôt pas d’accord » et 18 % « pas du tout d’accord ».

48 % seulement des étudiants estiment bénéficier d’une formation concrète aux outils d’intelligence artificielle utiles à leur futur métier.

Ce chiffre est particulièrement important lorsqu’il est mis en regard des 67 % d’étudiants qui considèrent la maîtrise de l’IA comme indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur.

Il existe ainsi un écart de 19 points entre la part des étudiants qui attribuent une importance majeure à la maîtrise de l’IA et celle de ceux qui disent être concrètement formés à ses outils. Cette différence ne constitue pas à elle seule une mesure de déficit de formation, car les deux questions ne mesurent pas exactement le même objet, mais elle illustre clairement la tension observée dans l’étude.

Hommes, femmes, université : les perceptions ne sont pas identiques

Les résultats détaillés permettent d’observer plusieurs écarts entre groupes d’étudiants.

Quelques différences de perception relevées dans l’étude
Indicateur Premier groupe Second groupe
Maîtrise de l’IA jugée indispensable pour l’emploi 72 % des hommes 62 % des femmes
Formation concrète aux outils d’IA 54 % des hommes 43 % des femmes
Crainte que l’IA remplace le futur métier 46 % des hommes 54 % des femmes
Formation concrète aux outils d’IA 43 % à l’université 56 % dans les autres cursus
Compréhension des compétences qui évoluent avec l’IA 47 % à l’université 64 % dans les autres cursus

Les femmes déclarent moins souvent bénéficier d’une formation pratique

La différence atteint 11 points : 54 % des hommes considèrent être concrètement formés aux outils d’intelligence artificielle contre 43 % des femmes.

Les femmes sont également davantage préoccupées par la possibilité que l’intelligence artificielle remplace le métier qu’elles visent : cette crainte concerne 54 % des femmes contre 46 % des hommes.

Un écart apparaît entre université et autres cursus

La formation pratique est déclarée par 43 % des étudiants à l’université contre 56 % dans les autres cursus.

L’écart est encore plus marqué lorsqu’il est question de comprendre les compétences professionnelles transformées par l’IA : 47 % des étudiants à l’université estiment recevoir cet accompagnement contre 64 % dans les autres cursus.

Ces différences restent descriptives. Le rapport ne précise pas quels écarts entre sous-groupes sont statistiquement significatifs.

Ce que les résultats disent réellement de l’avenir de l’emploi

Le Sondage OpinionWay pour Chance permet de mesurer avec précision les anticipations des étudiants, mais il ne mesure pas directement l’impact économique de l’intelligence artificielle sur l’emploi des jeunes.

Ce que l’étude établit : 77 % des étudiants prévoient davantage de concurrence entre jeunes diplômés, 59 % pensent que l’IA rend aujourd’hui plus difficile la recherche d’un emploi et 50 % craignent qu’elle remplace le métier auquel ils se destinent. Parallèlement, 63 % pensent qu’elle peut les aider à trouver plus rapidement un emploi.

Le rapport ne mesure pas le nombre de postes susceptibles d’être créés ou supprimés par l’intelligence artificielle. Il ne fournit pas non plus de données sur une évolution du chômage des jeunes ou sur le nombre de recrutements directement influencés par l’IA.

Il serait donc incorrect d’utiliser les résultats pour affirmer que l’intelligence artificielle supprimera un nombre donné d’emplois chez les jeunes Français.

Ce que l’enquête montre, en revanche, est clair : les étudiants anticipent un marché du travail dans lequel l’intelligence artificielle renforcera la concurrence et modifiera les compétences nécessaires pour accéder à l’emploi.

Comment l’enquête a été réalisée

OpinionWay a interrogé 513 personnes représentatives de la population étudiante française âgée de 18 à 24 ans.

Les interviews ont été réalisées du 11 au 18 mai 2026 à l’aide d’un questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI, pour Computer Assisted Web Interview.

L’échantillon a été construit selon la méthode des quotas en tenant compte du sexe, de l’âge, du cursus scolaire, de la catégorie d’agglomération et de la région de résidence.

Il se compose de 54 % de femmes et de 46 % d’hommes. Les 18-19 ans représentent 51 % des répondants et les 20-24 ans 49 %. Concernant le cursus, 65 % sont étudiants à l’université et 35 % suivent un autre cursus.

OpinionWay précise avoir appliqué les procédures et règles de la norme ISO 20252.

L’institut indique également que les résultats doivent être interprétés en tenant compte de marges d’incertitude comprises entre 2,0 et 4,5 points au plus pour un échantillon de 500 répondants.

Des résultats qui mesurent des perceptions

L’enquête est déclarative. Les réponses reflètent donc les opinions, les inquiétudes et les anticipations des étudiants interrogés.

La population étudiée est également spécifique : les résultats concernent les étudiants français de 18 à 24 ans. Ils ne peuvent pas être automatiquement étendus à tous les jeunes Français, aux jeunes diplômés déjà en activité ou aux personnes du même âge qui ne sont pas étudiantes.

Enfin, le rapport ne propose pas de comparaison avec une enquête antérieure permettant de mesurer une évolution des perceptions dans le temps.

Les chiffres à retenir de l’étude OpinionWay pour Chance

L’étude publiée en mai 2026 fait apparaître un équilibre entre inquiétude, adaptation et sentiment de préparation insuffisante.

  • 77 % pensent que l’IA rendra le marché du travail plus compétitif pour les jeunes diplômés.
  • 67 % considèrent la maîtrise de l’IA comme un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur.
  • 63 % pensent que l’intelligence artificielle peut les aider à trouver un emploi plus rapidement.
  • 61 % sont inquiets de l’arrivée de l’IA pour leur futur professionnel.
  • 59 % considèrent que l’IA rend plus difficile le fait de trouver un emploi aujourd’hui.
  • 50 % craignent que l’IA remplace le métier auquel ils se destinent.
  • 58 % jugent que les formations de leur établissement ne sont pas adaptées aux réalités actuelles du marché du travail avec l’IA.
  • 48 % estiment être concrètement formés aux outils d’intelligence artificielle dans leur futur métier.

Le principal enseignement : les étudiants français semblent avoir largement intégré l’importance professionnelle de l’intelligence artificielle, mais leur sentiment de préparation ne suit pas encore au même niveau. Deux étudiants sur trois environ considèrent sa maîtrise comme indispensable pour l’emploi, alors que moins d’un sur deux se dit concrètement formé à ses outils.

L’étude dessine ainsi le portrait d’une population étudiante consciente que l’intelligence artificielle va modifier son entrée sur le marché du travail. Les répondants anticipent davantage de concurrence et expriment des inquiétudes, mais ils reconnaissent aussi la valeur que ces technologies peuvent apporter à leur recherche d’emploi.

La question centrale n’est donc pas seulement de savoir si les étudiants voient l’IA comme une menace. Elle concerne aussi leur capacité à acquérir suffisamment tôt les compétences qu’ils considèrent eux-mêmes comme nécessaires pour évoluer dans ce nouvel environnement professionnel.

Questions fréquentes

Les principaux enseignements en cinq réponses
Quelle est la principale crainte des étudiants concernant l’IA et l’emploi ?

La concurrence arrive en tête des perceptions mesurées : 77 % des étudiants pensent que l’intelligence artificielle va rendre le marché du travail plus compétitif pour les jeunes diplômés.

Les étudiants pensent-ils devoir apprendre à maîtriser l’intelligence artificielle ?

Oui. 67 % considèrent que maîtriser l’intelligence artificielle constitue un atout indispensable pour trouver un emploi dans leur secteur d’activité.

L’arrivée de l’IA inquiète-t-elle les futurs actifs ?

Parmi les étudiants français de 18 à 24 ans interrogés, 61 % déclarent être inquiets pour leur futur professionnel et 50 % craignent que l’intelligence artificielle remplace le métier auquel ils se destinent.

Les étudiants voient-ils aussi des avantages à utiliser l’IA ?

Oui. 63 % pensent que l’intelligence artificielle peut les aider à trouver un emploi plus rapidement.

La formation proposée par les établissements suit-elle les besoins perçus ?

Le bilan est contrasté. 60 % des étudiants se disent suffisamment informés sur l’impact de l’IA dans leur futur métier, mais 48 % seulement estiment être concrètement formés à l’utilisation de ses outils.